Opération chirurgicale

Pourquoi pratiquer une opération?

« Réduire les traces résiduelles du cancer au maximum. La documentation médicale montre que les femmes qui subissent une opération de réduction tumorale optimale ont un pronostic plus favorable. Idéalement, la patiente ne devrait présenter aucune trace résiduelle visible de la maladie après l’opération. De meilleurs taux de survie sont également observés chez les patientes dont le plus gros nodule résiduel a été réduit à une taille inférieure à 2 cm. Pour atteindre cet objectif, la résection intestinale et une approche drastique de l’atteinte péritonéale peuvent être nécessaires. »

L’opération est généralement la première étape du traitement du cancer de l’ovaire.

  • L’opération (laparotomie) permet au médecin de repérer la masse et de déterminer si elle est maligne ou bénigne.
  • Le traitement classique du cancer de l’ovaire consiste en une ablation chirurgicale ou « réduction » de la tumeur : le chirurgien tente de retirer la plus grande partie possible de la tumeur – il doit idéalement rester moins de 1 cm de tumeur, puisque les petites tumeurs réagissent mieux à la chimiothérapie.
Certains résultats possibles de l’opération :
  • une masse pelvienne non cancéreuse; même une masse solide visible à l’échographie peut être bénigne
  • un cancer de l’ovaire qui semble confiné aux ovaires ou à la région pelvienne; il ne s’est pas propagé à d’autres organes comme le foie ou l’intestin grêle
  • un type de cancer de l’ovaire appelé « à faible potentiel de malignité »; ce type de cancer de l’ovaire a un taux de guérison élevé, même s’il est diagnostiqué à un stade avancé – il est généralement diagnostiqué chez des femmes plus jeunes
  • un cancer de l’ovaire qui s’est propagé à d’autres organes.

Savoir, c’est pouvoir : l’opération

Selon l’étendue du cancer, le chirurgien retirera un seul ovaire ou les deux ainsi qu’une seule trompe de Fallope ou les deux. L’utérus, le col de l’utérus et l’épiploon (le mince tissu qui entoure l’estomac et les autres organes de l’abdomen) peuvent également être retirés, en même temps que les ganglions lymphatiques. Habituellement, le chirurgien retire la plus grande partie possible de la tumeur visible (réduction tumorale). Cela réduit la taille de la tumeur à traiter par la suite au moyen de la chimiothérapie ou de la radiothérapie.

Pour de plus amples renseignements, l’American Cancer Society offre un excellent site Web qui présente l’opération et le traitement du cancer de l’ovaire en termes simples, sans jargon médical.

L’opération sera de préférence effectuée par un gynécologue oncologue, en fonction des objectifs suivants :

Diagnostic – Le chirurgien détermine la nature de la masse, c. à d. si elle est maligne ou bénigne.
Emplacement – Où se situe la tumeur, sur les ovaires, les trompes de Fallope ou les poumons.
Étendue – L’étendue de la tumeur. Si l’on trouve une tumeur maligne, l’opération permet de déterminer si la maladie s’est propagée; on précise ainsi le stade du cancer.
Échantillon – Un échantillon de la tumeur peut être prélevé afin d’aider le chirurgien à en savoir davantage sur le type et le stade de la tumeur. Certaines tumeurs sont d’évolution rapide, et cette information aide l’oncologue à planifier le meilleur traitement possible.
Traitement – Les femmes qui subissent une opération de réduction tumorale optimale – ce qui signifie que le cancer a été complètement retiré ou qu’il reste des tumeurs de moins de 2 cm – ont un pronostic plus favorable. Durant l’opération, le chirurgien recherche tout signe de cancer dans l’abdomen et tente de réduire le plus possible la tumeur. Cela augmente la probabilité que la chimiothérapie et/ou la radiothérapie puissent tuer les cellules cancéreuses restantes.

Avant l’opération

L’opération (laparotomie) est habituellement la première étape du traitement du cancer de l’ovaire. Elle permet au médecin de repérer la masse et de déterminer si celle-ci est maligne ou bénigne (non cancéreuse).

Grâce à l’opération, le médecin peut également déterminer où se trouve la tumeur et à quel point elle s’est propagée, ce qui permet de préciser le stade du cancer. Des biopsies seront effectuées pour confirmer le diagnostic et pour aider à différencier la tumeur.

Questions à poser avant l’opération

  • En quoi consiste l’opération?
  • Quels sont les risques associés à ce genre d’opération?
  • Quelles mesures seront prises pour réduire les risques au minimum?
  • À quel genre de cicatrice dois-je m’attendre?
  • Comment vais-je me sentir après l’opération?
  • Combien de temps devrai-je passer à l’hôpital après l’opération?
  • Quel genre de médicaments recevrai-je contre la douleur?
  • Si quelqu’un m’attend après l’opération, où doit-il attendre et comment sera-t-il tenu informé?
  • Combien de temps après l’opération pourra-t-il venir me rejoindre?

Le médecin et l’équipe d’infirmières devraient pouvoir répondre à ces questions.

Après l’opération

Questions à poser après l’opération

  • Où avez-vous localisé le cancer?
  • Quels organes ont été retirés?
  • Quels effets cela aura-t-il sur moi?
  • Quand pourrez-vous me renseigner sur le degré de différenciation et le stade du cancer?
  • Quels traitements complémentaires me recommandez-vous?
  • À quels changements corporels dois-je m’attendre dans les semaines qui suivront l’opération?
  • À quel moment pourrai-je reprendre mes activités normales après l’opération – comme conduire mon automobile, aller travailler, soulever des objets lourds, m’occuper de mes enfants?
  • Quels signes de complications éventuelles de l’opération devrai-je surveiller à mon retour à la maison?

La rétablissement peut prendre de six à huit semaines, selon divers facteurs, comme votre état de santé général avant l’opération ainsi que l’étendue et la complexité de l’opération.

Reposez-vous le plus possible – cela favorisera votre rétablissement.

Période de rétablissement

La période de rétablissement peut varier en fonction de plusieurs facteurs, notamment :

  • votre état de santé général avant l’opération
  • l’étendue et la complexité de l’opération
  • en supposant que vous n’ayez aucune complication grave comme une infection, vous devriez normalement retourner à la maison une semaine après l’opération.

Après l’opération (deux semaines) vous pourriez éprouver les symptômes suivants :

  • saignement ou écoulement vaginal
  • besoin fréquent et urgent d’uriner
  • problèmes reliés à l’incision
  • problèmes gastro-intestinaux
  • fatigue
  • baisse du désir sexuel
  • accroissement du stress, de l’anxiété ou de la dépression
  • augmentation des symptômes de dépression
  • douleur et enflure
  • irritation ou démangeaison.

Recommandations après l’opération

Après une opération pour le cancer de l’ovaire, les traitements possibles comprennent :

  • de la chimiothérapie et/ou de la radiothérapie; la chimiothérapie peut également être administrée avant l’opération (chimiothérapie néoadjuvante)
  • des traitements complémentaires
  • une combinaison de traitements complémentaires et de chimiothérapie;
  • attendez, surveillez vos symptômes et faites-vous suivre de près par votre médecin.

Certaines femmes peuvent ne pas avoir besoin de chimiothérapie parce que le cancer :

  • a un faible potentiel de malignité (n’est pas d’évolution rapide) ou
  • a été dépisté à un stade précoce et que les probabilités de récidive sont très faibles.

Il existe de nombreux types de protocoles de chimiothérapie. Votre traitement sera fonction du type et du stade du cancer de l’ovaire – dans quelle mesure il est disséminé.

Hormonothérapie substitutive

L’hormonothérapie substitutive est un sujet très controversé chez les femmes; vous devriez donc en discuter avec votre médecin. Les résultats d’essais cliniques sont contradictoires, et il est difficile de prendre une décision; mentionnons, en particulier, une étude récente qui a révélé que l’œstrogénothérapie substitutive administrée pendant dix ans ou plus après la ménopause pourrait faire augmenter le risque de cancer de l’ovaire.

Des études scientifiques ont révélé que l’œstrogénothérapie substitutive n’a aucun effet négatif sur la durée de la rémission ou la survie des femmes qui sont atteintes d’un cancer de l’ovaire ou qui l’ont déjà été.

L’œstrogénothérapie substitutive peut avoir certains avantages et améliorer la qualité de vie des femmes après une ménopause chirurgicale.

Dans certains cas, l’œtrogénothérapie substitutive peut être administrée aux femmes atteintes du cancer de l’ovaire qui ont ou risquent fort d’avoir des symptômes de ménopause invalidants, de l’ostéoporose ou une maladie coronarienne. Pour ces femmes, les avantages à l’égard de la qualité de vie l’emportent sur les risques de récidive du cancer.

Œstrogénothérapie substitutive : information particulière

Le lien entre les œstrogènes et le cancer de l’ovaire n’est pas clair. On trouve des récepteurs d’œstrogènes et de progestérone dans plusieurs tumeurs ovariennes épithéliales. Mais les effets des hormones exogènes sur ces récepteurs sont mal connus. Il n’existe aucune preuve que les œstrogènes puissent favoriser une récidive ou réduire le temps écoulé avant la récidive.

En l’absence de preuve scientifique, on croit qu’il n’est pas nécessaire de priver d’œstrogénothérapie substitutive une femme présentant des symptômes de tumeur ovarienne maligne, peu importe le degré de risque.
- BC Cancer Agency

Chirurgie gynécologique

Selon sa dissémination dans l’organisme, le cancer peut avoir touché d’autres organes abdominaux. Discutez avec le chirurgien des aspects suivants :

  • l’étendue du cancer
  • les organes touchés
  • les organes retirés, soit un seul ovaire ou les deux, d’autres organes, etc.

Vocabulaire utile de la chirurgie gynécologique

Le terme « hystérectomie » signifie l’ablation de l’utérus uniquement. L’hystérectomie totale consiste en l’ablation de l’utérus, du col de l’utérus, de la partie supérieure du vagin et des tissus de soutien.

Voici d’autres termes relatifs à la chirurgie gynécologique :

  • salpingectomie – ablation des trompes de Fallope
  • ovariectomie – ablation d’un ovaire
  • ovariectomie bilatérale – ablation des deux ovaires
  • omentectomie – ablation de l’épiploon, la couche de gras qui recouvre l’intestin
  • laparotomie – ouverture chirurgicale de la paroi abdominale, essentielle pour diagnostiquer le cancer de l’ovaire et en préciser le stade.

Demandez toujours à votre médecin de vous dire quels organes ont été retirés et, au besoin, demandez-lui des précisions au sujet de l’opération. L’infirmière qui s’occupe de vous est également une excellente ressource.